Mali : Sirakorola, le premier village solaire

Mise en service du premier réseau de distribution d’énergie électrique du Mali alimenté par les énergies renouvelables.

Les habitants de Sirakorola, un village situé à 115 kilomètres de Bamako dans le cercle de Kati, garderont un souvenir agréable de la journée du mercredi 30 janvier 2007. C’est ce jour là qu’a été officiellement mis en
marche le réseau électrique dont a été dotée la localité à partir des énergies renouvelables. Du coup, Sirakorola devient le premier village solaire du pays.

L’événement a donné lieu à une fête populaire qui a mobilisé tout le fonds culturel et artistique du village. Les nouvelles installations ont été inaugurées par le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, M. Hamed Diane Séméga, en présence du gouverneur de la Région de Koulikoro, Mamadou Issa Tapo, du maire de Sirakorola, Souleymane Coulibaly et de nombre d’autres personnalités.

Un potentiel extraordinaire : une politique pour la valoriser

« Si nous ne réglons pas le problème d’accès du monde rural à l’énergie moderne, il vaut mieux cesser de parler de développement », a déclaré le ministre. Afin d’améliorer les conditions de vie des populations rurales, le gouvernement a entrepris un vaste programme d’électrification rurale qui a abouti à l’adoption du document de politique énergétique nationale en mars 2007.

Cette politique prévoit de mettre en valeur l’extraordinaire potentiel en énergies nouvelles et renouvelables (soleil, eau, vent et biomasse).

L’accès à l’énergie dans le village de Sirakorola

C’est par l’entremise du Centre national de l’énergie solaire et des énergies renouvelables (CNSOLER) que les installations de Sirakorola ont été réalisées. Sirakorola devient ainsi « le village solaire phare du pays ». Grâce à l’énergie du soleil et du vent, plusieurs structures ont été électrifiées : la préfecture, l’école, la mairie et la mosquée. En plus de l’éclairage, le CSCOM a été équipé d’un réfrigérateur, d’un congélateur et de chauffe-eau solaires. Des lampadaires solaires éclairent la place du marché.

Le village a été doté d’une vingtaine de cuiseurs solaires. Des périmètres maraîchers sont équipés de pompes qui fonctionnent à l’énergie éolienne. Aujourd’hui, Sirakorola dispose d’unités de production de glace et de conditionnement de lait. Grâce à l’énergie solaire, on peut recharger des batteries et faire sécher des fruits et légumes, de la viande et du poisson.

Le coût total des réalisations est estimé à 34 millions Fcfa financés essentiellement par le Programme des Nations unies pour le développement. La population de la commune y a contribué à hauteur de 10%. « Aujourd’hui est un grand jour pour nous ! » Pour Mme Fatoumata Sangaré, la présidente du groupement des femmes de Sirakorola, ces équipements allégeront considérablement les tâches quotidiennes des femmes du village.

Pour M. Seydou Coulibaly, propriétaire d’une boutique au marché du village, c’est vraiment une nouvelle ère qui commence. Il est persuadé qu’avec l’éclairage public, les affaires marcheront même la nuit. La maraîchère, Mme Bintou Sané était également aux anges. Elle ne jettera plus ses produits invendus car elle a, désormais, la possibilité de les conserver. Elle envisage même d’aller vendre ses produits dans d’autres localités de la zone.

Mais c’est le maire, M. Souleymane Coulibaly qui s’estime le plus heureux de tous : « Car enfin, ma commune sort du noir ! », s’est-il félicité.


Source : un article mis en ligne le 02 février 2007 sur le site de l’Essor

Pépin Tchouate

Sénégal : biocarburant – une unité de transformation en vue à Tambacounda

Pour faire fonctionner les moteurs en biodiesel, une unité de transformation pourrait être installée dans la région de Tambacounda où la culture du Jatropha est de plus en plus intense.

Ce projet de trans-estérification des huiles du Jatropha en biodiesel pourrait permettre aux cultivateurs de faire fonctionner leur moteur en biodiesel et de s’affranchir partiellement de leur dépendance vis à vis des combustibles fossiles (diesel).

Le Projet intégré de production agricole et de valorisation agro-industrielle du biodiesel de la région de Tambacounda, dénommé « Yellitare-bio Sénégal », va mettre en place une unité de transformation de biodiesel à partir de l’huile de Jatropha.

Cette annonce a été faite le jeudi 11 Septembre 2007 par M. Serigne Amar, vice-président de l’Association africaine pour la promotion des biocarburants, par ailleurs co-promoteur du projet avec M. El Hadji Mamadou Omar Sall, président du Collectif régional des producteurs de banane de Tambacounda (CORPROBAT) et superviseur national adjoint du programme biocarburant. Au cours de cette rencontre, les producteurs se sont engagés à exploiter 10.000 hectares de Jatropha le long du fleuve Gambie allant de Gouloumbou à Kédougou sur 300 Km.

Il est prévu de mettre une première unité pilote de trans-estérification des huiles en biodiesel à Tambacounda, d’une capacité de 200 litres/heure. Cette unité est conçue pour être agrandie au fur et à mesure des besoins et de l’évolution de la technologie. Des offres venant notamment du Brésil ont déjà été reçues.

M. Serigne Amar est revenu sur l’importance de l’huile produite « qui est pure ». « Avec cette huile, il est possible de faire fonctionner toutes les machines fixes et à pression basse ». Cela permettra aux producteurs de banane, qui utilisent beaucoup de carburant, d’utiliser cette huile dans les moteurs de leurs motos pompes et de faire tourner leurs groupes électrogènes pour produire de l’électricité.



Source : un article publié le 14 septembre 2007 sur le site de AllAfrica.com

Elhadji SYLLA, ASER, René Massé

République Démocratique du Congo : les nations arabes pourraient financer l’acquisition d’équipements électriques marocains

Le Vice-ministre de l’Energie de RDC s’est rendu au Maroc pour étudier les facilités de financement dont le RDC pourrait bénéficier pour acquérir des matériels électriques fabriqués par des sociétés marocaines.

La Société Nationale d’Electricité (Snel) de la RCD souhaite acquérir des équipements électriques tels que les transformateurs de distribution MT/BT, les disjoncteurs MT et BT, les protections MT et BT, les câbles BT torsadés, les cellules MT et BT, les cabines complètes clés en main, les matériels électriques pour les lignes etc. Elle pourrait bénéficier de financements directs des Nations arabes pour financer ces achats au Maroc.

Du 4 au 12 septembre 2007, le Vice-ministre de l’Energie du RDC, M. Arthur Sedea-Ngamo, et l’Administrateur-délégué général adjoint de la Snel, Mme Bernadette Tokwaulu, ont effectué à cet effet une visite de travail à Casablanca sur invitation du groupement SOFA du Maroc et LITTORAL son partenaire agrée en Afrique centrale. Ils ont pu rencontrer les sociétés Sofa, Nexans, Grimar et Ines… occasion de se rendre compte que dans le cadre de la coopération Sud/sud, il était possible de trouver des matériels électriques compétitifs.

Mais pour que ces relations se concrétisent et soient pérennes, elles doivent s’inscrire dans un cadre commercial, a estimé Bernadette Tokwaulu. D’où l’invitation lancée à ces partenaires à visiter la RDC afin de proposer à la Snel des préfinancements de projets ou d’équipements sous forme notamment de crédits fournisseurs à garantir par la Snel.

La mission a également visité l’Office nationale d’électricité du Maroc, ONE pour un échange d’expérience en matière d’électrification rurale. Le taux d’électrification rurale au Maroc est de 91%. L’ONE a fait part à la Snel de son ouverture pour établir des relations commerciales sur base de son expertise en matière d’électrification, de gestion commerciale et de formation.

Pour Mme Tokwaulu Aena, la concrétisation de ces contrats et la bonne gestion de ces relations d’affaires pourraient permettre à la Snel et à la RDC d’avoir accès aux financements et dons des Nations Arabes qui soutiennent les efforts à l’exportation de leurs entreprises.


Source : un article de M. Théodore Ngangu publié en ligne sur le site de Digitalcongo.net

Elhadji SYLLA, ASER, René Massé

Selon un rapport de l’ONU, plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en ville

L’ONU a publié son dernier rapport sur la population mondiale. Il révèle la forte croissance des villes au détriment des campagnes. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les citadins sont plus nombreux que les campagnards.

D’après l’ONU, la population mondiale s’élève actuellement à 6,6 milliards d’habitants dont un peu plus de la moitié vit en milieu urbain, et, pour la plupart, dans les pays en développement. Cette évolution n’est pas sans incidence sur la problématique de l’accès à l’énergie dans les pays en développement.

La croissance des villes va se poursuivre : elle est inévitable

D’ici à 2050, selon le rapport, la population mondiale fera un bond de plus de 37 %, passant de 6,616 milliards à 9,076 milliards d’habitants, les plus fortes augmentations s’enregistrant en Asie et en Afrique.

La croissance étant inévitable, les gouvernements doivent élaborer en temps utile des politiques qui permettent de transformer de potentielles crises en opportunités. « S’ils attendent, il sera trop tard », précise Mme Ahmed Obaid, directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population. « Cette vague d’urbanisation est sans précédent. Les changements sont trop vastes et trop rapides pour permettre aux planificateurs et aux décideurs de se borner à réagir : en Afrique et en Asie, le nombre de citadins augmente d’environ un million chaque semaine en moyenne. Les dirigeants doivent faire preuve de perspicacité et prendre des mesures prévoyantes afin d’exploiter pleinement les possibilités offertes par l’urbanisation ».

Il faut donc anticiper et s’adapter

M. William Cobbett de la Banque mondiale, directeur de l’Alliance des villes, coalition mondiale des villes appuyée par la Banque mondiale et visant à réduire la pauvreté en milieu urbain, a déclaré que le rapport de l’ONU identifie « trois urgentes initiatives de politique » consistant à :

  • Reconnaître le droit des populations pauvres de vivre en ville, en abandonnant toute tentative de décourager la migration et de freiner la croissance urbaine ;
  • Adopter une vision large et à long terme de l’utilisation de l’espace urbain : en fournissant des terrains viabilisés au minimum pour la construction de logements, en assurant une planification anticipée afin de promouvoir une utilisation durable des terres, et en portant le regard au-delà des limites des villes pour réduire au minimum leur « empreinte écologique » ;
  • Et engager des efforts internationaux concertés visant à appuyer des stratégies pour l’avenir des villes.

C’est l’Afrique (subsaharienne) qui connaitra la plus forte croissance urbaine

Quatre des dix « mégavilles », abritant au moins 10 millions d’habitants, se trouvent en Asie du Sud — Bombay, Calcutta, Delhi et Dhaka. L’Asie abrite les 3/5 de la population mondiale, mais c’est l’Afrique qui connaîtra la plus forte croissance démographique au cours des prochaines décennies.

D’après les projections, la population africaine sera plus de deux fois plus nombreuse d’ici 2050 : elle passera de 945,3 millions en 2007 à 1,937 milliard d’habitants, 88 % de cette croissance étant enregistré en Afrique subsaharienne où se trouvent bon nombre des pays les plus pauvres de la planète. Si l’Afrique est encore principalement rurale, la future croissance s’observera pour l’essentiel dans les zones urbaines, dont la population passera de 294 millions d’habitants en 2000 à 742 millions en 2030.

Les autres régions sont plus ou moins concernées

La population des autres régions en développement croîtra rapidement, allant de 335 millions à 598,5 millions d’habitants d’ici 2050 dans les pays arabes, et de 576,5 millions à 782,9 millions d’habitants dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

En Amérique du Nord, le rythme de croissance devrait être nettement plus lent d’ici à 2050, la population canadienne passant de 32,9 millions à 42,8 millions d’habitants, et celle des États-Unis de 303,9 millions à 395 millions d’habitants.

L’Europe et certains pays de l’ex-Union soviétique sont les seules régions où l’on s’attend à une baisse démographique. La population européenne devrait diminuer de 727,7 millions à 653 millions d’habitants, et celle de la Russie de 141,9 millions à 111,8 millions d’habitants. La population ukrainienne connaîtra la plus forte baisse, soit de 45,5 millions à 26,4 millions d’habitants, cette tendance étant alimentée par un faible taux de fécondité ainsi que par la migration continue, notamment la mobilité interne au sein de l’ex-Union soviétique.

En guise de conclusion

L’un des mythes de la croissance urbaine, souligne le rapport, est que l’exode rural doit être contenu. Le rapport note que les migrants qui s’installent en ville opèrent généralement des « choix rationnels » qui leurs donnent plus d’options d’habitabilité que n’auraient pu leur offrir les villages ruraux. L’ouvrage Migrations internationales, développement économique et politique que vient de publier la Banque mondiale tire une conclusion similaire.


[Source : article publié sur le site de la Banque mondiale, à l’occasion de la Journée mondiale de la population, le 11 juillet 2007.

Elhadji SYLLA, ASER, René Massé