Biocarburants et développement rural : les paysans de Foundiougne (Sénégal) investissent

Création de la société SOPREEF Le 27 juin 2008 a eu lieu à Kaolack la création de la société SOPREEF (Société pour la Promotion de l’accès à l’Energie et à l’Eau dans le département de Foundiougne). Cette société, dont la mission est de coordonner un investissement dans 30 pôles de développement et d’organiser à l’échelle du département une filière de production de biocarburants à partir de plantations de Jatropha, constituera le moteur du programme ‘Energie Eau Solidarité Foundiougne’. Les fondateurs de SOPREEF (…)

Création de la société SOPREEF

Le 27 juin 2008 a eu lieu à Kaolack la création de la société SOPREEF (Société pour la Promotion de l’accès à l’Energie et à l’Eau dans le département de Foundiougne).

Cette société, dont la mission est de coordonner un investissement dans 30 pôles de développement et d’organiser à l’échelle du département une filière de production de biocarburants à partir de plantations de Jatropha, constituera le moteur du programme ‘Energie Eau Solidarité Foundiougne’.

Les fondateurs de SOPREEF sont la société Performances et la Fédération des Groupements de Producteurs de Tabanani de Foundiougne (FPTF). Il envisagent un élargissement du capital de la société à d’autres partenaires, déjà identifiés, en décembre 2008 et en juin 2009.

Convention d’associés

La convention signée ce même jour entre les associés de SOPREEF constitue un cadre de référence important pour le développement de cette société. Elle les oblige notamment à :

  • Etablir et respecter un équilibre dans la représentation au sein du conseil d’administration de SOPREEF des différents groupes d’intérêts concernés par la mise en oeuvre du programme EESF.
  • Veiller à ce que l’investissement qu’ils vont soutenir s’intègre dans les stratégies locales de développement élaborées par les communautés rurales et respecte l’environnement social, économique et écologique dans lequel il se déploiera.

La signature de cette convention constituera un préalable à l’entrée de tout nouvel associé au capital de SOPREEF.

Le contenu de cette convention a été étudié en détail par les producteurs partenaires du programme EESF au cours d’une réunion qui s’est tenue avec Performances le 27 juin 2008 au restaurant ‘Blue Bird’ de Kaolack. L’objectif des groupements représentés est de planter 290 ha de Tabanani pour l’hivernage 2008, soit environ 70% des intentions de plantation actuelles :

  • Abdoulaye Faye, président du groupement de Felane (110 ha)
  • Lamine Diatta, président du groupement de Guague Cherif (20 ha)
  • Mbaye Diouf, président du groupement de Bambougar (60 ha)
  • Mamadou Thioub, président du groupement de Keur Serigne Bamba (50 ha)
  • Bassirou Ndiaye, président du groupement de Ndorong Serère (45 ha)

Lancement du programme EESF

Après 8 mois d’investissement de la société Performances, promoteur de ce programme Energie Eau Solidarité Foundiougne, les conditions sont maintenant créées pour le lancement du programme EESF.

  • Le cadre de gestion du programme (EESF) est mis en place et bénéficie d’un appui financier de la Fondation Veolia pour ses 6 premiers mois d’activité.
  • Une convention cadre définit les partenariats stratégiques sur lesquels s’appuiera le programme EESF ; elle a été officiellement validée par l’Agence Sénéglaise d’Electrification Rurale (ASER), le Programme Régional Energie Pauvreté (PREP), le Programme Eau Potable et Assainissement pour le Millénaire (PEPAM), le Conseil Régional de Fatick (CRF), le programme AREED de l’ONG ENDA Tiers Monde.
  • Des semences de Jatropha Curcas (Tabanani) ont été distribuées auprès de 10 groupements de producteurs pour la plantation d’environ 400 ha dans une vingtaine de villages.

Enfin, une première pluie significative tombée le 30 juin 2008 marque le début de la campagne agricole 2008 dans le département de Foundiougne, et le démarrage opérationnel du volet ‘biocarburant’ du programme EESF.

Bruno Legendre

Congo : de l’électricité à partir du gaz brûlé en torchères, un modèle de projet MDP

La première pierre de la nouvelle centrale à gaz de Cote Matève, dite « Centrale Electrique du Congo », a été posée le 20 mai 2008. Sa production est essentiellement destinée aux industries extractives et de transformation en cours d’installation au Kouilou.

Ce projet « électricité à partir du gaz » est un projet éligible au Mécanisme de Développement Propre (MDP).

L’électricité, un secteur en difficulté structurelle

La production, le transport et la distribution du courant électrique au Congo en général et à Pointe Noire en particulier connaissent depuis plus de dix ans de nombreuses difficultés. Le déséquilibre entre l’offre et la demande est alarmant. Les équipements de la Société Nationale d’Electricité (SNE) sont obsolescents. Les défaillances techniques sont énormes et récurrentes. La couverture nationale est largement en deçà des besoins.

Aujourd’hui, les besoins d’énergie sont estimés à 80 MW pour Brazzaville et 70 MW pour Pointe-Noire. Ces estimations sont très sous-évaluées, Pointe Noire aurait besoin de 132 MW. Les prévisions de la demande pour les deux principales villes du pays d’ici 2015 est de 508,2 MW.

Afin de sécuriser l’approvisionnement du Congo en énergie électrique, l’Etat a pris des mesures structurelles et techniques :

  • Libéralisation du secteur par la Loi N°14-2003 du 10 avril 2003 portant code de l’électricité,
  • Réhabilitation des structures existantes,
  • Mise en chantier du barrage d’Imboulou
  • Mise en œuvre de divers projets en partenariat avec des opérateurs privés. Parmi ces derniers, le Groupe Eni, Compagnie pétrolière italienne, leader dans la génération d’électricité à partir du gaz, a construit la centrale à gaz de Djeno.

Le brûlage de gaz, ses effets sur l’environnement

La production congolaise de gaz associé au pétrole est très importante et généralement sous employée. Une partie très importante est brûlée à perte sur les lieux d’extraction. En 2001, la production annuelle congolaise de gaz associé à la production pétrolière a été estimée à près de 6,9 milliards de mètre cubes. D’après le rapport sur la valorisation du gaz congolais paru en 2003, son utilisation a été répartie de la façon suivante :

  • Réinjection dans les gisements : 4,2 Mds m³
  • Auto consommation : 0,6 Mds m³
  • Torchage : 1,9 Mds m³

Le brûlage des gaz à la sortie des torchères des puits de pétrole contribue autant que le transport aérien au réchauffement climatique. Selon la banque mondiale, chaque année plus de 150 milliards de mètres cube de gaz sont brûlés aux torchères et rejetés dans l’atmosphère avec de nombreux impacts négatifs sur les écosystèmes et les vies humaines.

Sur le plan écologique, l’inventaire des sources anthropiques et des puits d’absorption des gaz à effet de serre réalisé au Congo en 1994 révèle dans le domaine des émissions de dioxyde de carbone CO2 (74,5%), de méthane (CH4 ; 21,84%), de l’hémioxyde d’azote, N2O (3,66%), des oxydes d’azote (NOx), et de composés organiques volatils non méthaniques.

L’utilisation des gaz actuellement brûlés pour la production d’électricité contribuerait à la réduction de la pollution atmosphérique, à la diminution du réchauffement de l’atmosphère et à la modération des changements climatiques. Outre ces aspects purement environnementaux, elle représente bien évidemment la valorisation d’une ressource non renouvelable jusqu’alors gaspillée.

La centrale à gaz

Au Congo, les torchages doivent totalement cesser dans l’ensemble du pays si l’on s’en tient au décret N°2007-294 du 31 mai 2007 fixant les règles relatives à l’utilisation et à la valorisation du gaz.

La construction, à Cote-Matève, entre Pointe-Noire et Djeno, d’une nouvelle centrale thermoélectrique à gaz de 300 à 450 MW. La SNPE (Société Nationale de Production d’Electric) en est le maître d’ouvrage et Eni Congo le maître d’ouvrage délégué. ENI Congo en est aussi le fournisseur en gaz puisqu’il proviendra du site d’exploitation de Boundi que la société italo-congolaise à racheté au franco-congolais Zetah M&P Congo voici environ un an. L’acheminent du gaz se fera par un gazoduc d’une soixantaine de kilomètres.

Ce projet permettra de valoriser le potentiel gazier à côté de celui du pétrole. Il contribuera de manière significative à la réduction des dégâts potentiels et réels sur l’environnement comme la détérioration de la couche d’ozone et les multiples impacts de l’émission de gaz à effet de serre. Sans éliminer totalement la pollution émanant de ce gisement, il permettra par l’utilisation de filtres, d’en réduire significativement l’importance.


Source : un article publié par David Bérenger Loemba le mercredi 21 mai 2008 sur le site Congopages.

René Massé