Ouganda : construction d’une centrale hydroélectrique sur le Nil

Les 682 millions de dollars destinés à la construction de la centrale hydroélectrique sont apportés en particulier par la Banque européenne d’investissement (BEI) à hauteur de 92 millions d’Euros, la Société financière internationale (SFI), la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que PROPARCO et l’AFD à hauteur de 72,8 millions de US dollars.

Bujagali Energy Limited (BEL) construira puis exploitera en qualité de producteur indépendant cette centrale hydroélectrique de 250 MW, située sur le Nil, à 8km en aval du Lac Victoria, à Bujagali. L’actionnariat de Bujagali Energy Limited (BEL) est contrôlé par le Fond Aga Khan pour le Développement Economique (AKFED), Sithe Global Power (USA) et le Gouvernement Ougandais.

Avec 9% de la population connectée au réseau électrique, l’Ouganda est un des pays les plus en retard au monde en termes d’accès à l’électricité. Ce secteur est marqué par un très fort déficit énergétique (seulement la moitié de la demande en période de pointe pouvant être servie).

Les travaux de constructions ont démarré en juin 2007 et la mise en service de la centrale est prévue pour le premier trimestre 2011.

Vital pour une amélioration durable de la situation de crise énergétique que traverse actuellement l’Ouganda, ce projet devrait à lui seul générer près de la moitié de l’énergie produite dans le pays à sa mise en service, et ce, à un coût de production deux fois inférieur au coût de génération actuel de l’électricité d’origine thermique.

Le barrage de Bujagali présente en outre des impacts environnementaux et sociaux limités. Situé sur le Nil blanc, il permet, d’une part, d’utiliser une deuxième fois l’eau déjà turbinée par les barrages existants d’Owen Falls ; d’autre part, ce barrage « au fil de l’eau », devrait avoir un impact relativement réduit sur son environnement proche (inondant une surface limitée de 80 ha, le déplacement de population n’a concerné que 634 personnes). Le projet devrait également permettre d’éviter une émission d’1,5 millions de tonnes de CO2 par an soit environ 300 fois moins d’émissions sur une période de 50 ans qu’une centrale thermique équivalente.


Sources :

  • Un article diffusé sur le site de PROPARCO, à lire en entier sur cette page, et
  • Un article diffusé le 6 janvier 2008 sur le site « Les Afriques : le journal de la finance africaine » sur cette page.

René Massé

Afrique de l’Ouest : la crise énergétique préoccupe les ministres de l’Uemoa –

Un conseil extraordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’est tenue le 14 janvier 2008 à Ouagadougou à l’Agence principale de la BCEAO.

« Rapport sur l’État de l’Union, la mise en œuvre des réformes au sein de l’Union, les propositions de solutions à la crise de l’énergie, l’évolution des négociations sur l’Accord de partenariat économique » tels étaient les différents points inscrits à l’ordre du jour de cette session extraordinaire.

Présidée par le ministre ivoirien en charge des Finances, M. Charles Koffi Diby, la présente rencontre s’est tenue en prélude à la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union. La réunion des chefs d’État et de gouvernement se tient dans un environnement international marqué par des difficultés de plusieurs ordres : la crise de l’immobilier, la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires. Un tel tableau n’est pas « propice à une croissance soutenue » note Charles Koffi Diby. Il a par ailleurs indiqué que l’année 2007 a connu les mêmes maux déjà cités.

En dépit de cela, l’espace UEMOA a quand même connu en 2007 une croissance de 3,6% (contre 2,9% en 2006). Mais cela reste insuffisant car le niveau de croissance requis pour résorber la pauvreté est estimé à 7%. Le président du conseil des ministres de l’Union a indiqué la voie à suivre : « L’Union, a t-il dit, doit poursuivre son programme communautaire relatif notamment à la mise en œuvre de réformes, en vue de l’approfondissement de l’intégration économique ».


Source : un article de Rabankhi Abou-Bâkre Zida publié le 15 janvier 2008 sur par Sidawaya à Ouagadougou.

René Massé