Sénégal : hausse de 6% des tarifs de l’électricité le 1er novembre 2007 – Quête de rationalité

Malgré les efforts consentis par le gouvernement sénégalais, les tarifs sur l’électricité vont connaitre une hausse de 6%.

Répercussion de la flambé des prix du baril de pétrole sur la facture d’électricité au Sénégal

Des obligations pour rétablir l’équilibre financier de la Sénélec

Dur, dur, mais nécessaire, cette décision gouvernementale d’appliquer la vérité des prix sur les tarifs de l’électricité qui vont augmenter de 6% à partir du 1er novembre 2007, pour répercuter l’évolution du prix du baril de pétrole. Les calculs estimaient la hausse nécessaire à 15% mais finalement, la hausse sera contenue à 6%. C’est ce qu’on appelle un ajustement moyen des tarifs tel qu’annoncé par la Commission de régulation de l’électricité (Crse) et confirmé par le ministre de l’Energie, M. Samuel Sarr.

Il a précisé les principes directeurs de la mesure de hausse : elle se fonde sur la recherche de la « rationalité économique », c’est à dire le recouvrement des coûts de la Sénélec par les recettes de la vente d’énergie.

Or, d’après les calculs effectués par la Crse, la Sénélec supporte un gap de plus de 14 milliards de FCfa avec les tarifs actuellement en vigueur.

Dans ce contexte, le ministre Samuel Sarr a insisté sur la nécessité :

  • de promouvoir simultanément une dynamique d’économie d’énergie. Un groupe de travail a été chargé d’élaborer un plan à cet effet en collaboration avec les associations de consommateurs.
  • d’entreprendre des actions pour redresser la Senelec. l’État a mis au point « un programme d’investissement complémentaire de 520 milliards francs Cfa, dans le but d’accroitre la capacité de production de plus de 600 Mégawatts et de moderniser les réseaux de transport et de distribution, à l’horizon 2012 ».

La réforme institutionnelle de la Sénélec

A l’issue de l’atelier de deux jours du groupe technique ad-hoc chargé de la réforme institutionnelle de la Sénélec et qui portait sur la structure et le schéma institutionnel à retenir, le groupe technique a proposé les orientations suivantes :

  • Promouvoir la garantie et l’amélioration de la qualité de l’approvisionnement et des services de l’électricité dans les meilleures conditions de fiabilité et de sécurité, à terme ;
  • Réduire les coûts de l’électricité ;
  • Augmenter l’accès des populations à l’électricité ;
  • Résoudre le problème du financement du programme d’investissement du secteur ;
  • Accélérer le désengagement de l’État et le recours accru au secteur privé.

Parmi quatre schémas « réalisables » étudiés, ce Groupe technique propose d’aller vers un dégroupage des activités de production et de distribution, avec une participation prépondérante du secteur privé national et étranger dans le capital des structures ciblées.

Le ministre a indiqué que « le gouvernement resterait alors à un niveau de présence lui permettant de veiller à la garantie d’un approvisionnement sécurisé du pays en énergie, au moindre coût ». Dans cette perspective la ministre suggère d’étudier une option « sur le dégroupage du Transport avec une mission d’acheteur unique, sous la coordination d’un holding doté de fonctions transversales ». Cette disposition, indique-t-il encore, aurait le mérite « d’introduire la concurrence, mais aussi l’efficacité du système électrique en s’appuyant sur la spécialisation des métiers, suite au recours au privé qui pourrait jouer le rôle de partenaire technique ».


Source : revue presse de la CEDEAO du 1er au 5 octobre 2007.

Elhadji SYLLA, ASER, René Massé

Conférence sur le marché des biocarburants en Afrique

Biofuels Markets organise du 5 au 7 novembre 2007 à Cape Town, Afrique du Sud, la deuxième conférence internationale sur les biocarburants en Afrique.

Après le succès de la conférence de 2006 à laquelle ont participés plus de 200 chefs d’entreprises en provenance de 24 pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, « BIOFUELS MARKETS » organise du 5 au 7 novembre 2007 à Cape Town, Afrique du Sud, la deuxième conférence internationale sur les biocarburants en Afrique.

Les points abordés pendant cet événement sont :

  • Développent des marchés durables de biocarburants en Afrique
  • Les petits agriculteurs et les biocarburants
  • Les biocarburants et le développement durable
  • Investir dans les biocarburants en Afrique
  • Développement des projets biocarburants en Afrique

> Le site de la Conférence (en anglais)

Pépin Tchouate

Sénégal : Énergies Renouvelables – le projet « Microgrids » et ses perspectives

La deuxième conférence sur le projet microgrids et ses applications s’est tenue à Dakar le mardi 30 octobre 2007. Elle a regroupé les experts du secteur des énergies renouvelables pour discuter des résultats du projet et dégager des perspectives.

L’électrification des zones rurales et la promotion des microréseaux

Le contexte

L’un des défis majeurs de l’Afrique, plus particulièrement dans les pays importateurs de pétrole, est de réduire les dépenses consacrées à l’importation, qui sont de plus en plus exorbitantes. La diversification des sources d’énergies semble être une bonne alternative pour assurer la sécurité de l’approvisionnement à un moindre coût pour les pays importateurs de pétrole.

Le projet Microgrids de promotion des micro-réseaux et des sources d’énergies renouvelables pour l’électrification dans les pays en développement s’inscrit dans cette problématique. Sa deuxième conférence a réuni à Dakar près de 200 invités venus d’une vingtaine de pays, notamment d’Afrique, pour faire le point sur ses réalisations et définir ses orientations futures.

Le ministre Christian Sinan Diatta, s’est déclaré très satisfait de cette initiative mais a aussi signalé les limites des micro-réseaux, les risques de pollution, les difficultés de démantèlement des installations à termes, les limites de puissance et d’incompatibilité avec les lois nationales.

Le projet Microgrids

Le projet ambitionne de promouvoir et diffuser les micro-réseaux utilisant préférentiellement des sources d’énergies renouvelables pour l’électrification rurale des villages situés loin du réseau de distribution du Sénégal.

Ce projet s’inscrit dans le « programme Energie Intelligente pour l’Europe » de la Commission européenne, dont l’objectif est de promouvoir le développement de structures d’information, d’éducation et de formation permettant la sensibilisation des populations et la diffusion du savoir-faire et de meilleures pratiques. L’ambition de microgrids est de renforcer les capacités d’une masse critique d’experts pour leur permettre d’accroitre l’utilisation des énergies renouvelables.

Au Sénégal, le coordonnateur national du projet, le professeur Mansour Kane a précisé que les actions se sont déroulées à Dakar, et dans les trois régions ciblées, Thiès, Kaolack et Fatick. L’évaluation du potentiel énergétique dans ces trois régions a été faite, et cela a permis la réalisation d’un prototype de microcentrale. Les partenaires sénégalais ont aussi réalisé toutes les actions qui leur incombaient.


Source : d’après un article publié sur le site de L’autre quotidien, le 31 octobre 2007.

Elhadji SYLLA, ASER, René Massé