Le marché européen du carbone plombé par les excédents de quotas

Le marché européen du carbone où s’échangent des permis d’émission, ou « droits à polluer », dans le cadre du Protocole de Kyoto sur le climat, est plombé par les excédents de quotas de CO2 qui ont fait chuter les cours de la tonne de CO2 à des niveaux impensables il y a un an.

Dépêche AFP du 14/02/2007.

La marché européen du carbone est un mécanisme qui vise à endiguer les émissions de dioxyde de carbone, un des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, en imposant des quotas aux pollueurs tout en leur permettant d’acheter des droits d’émission à ceux qui polluent moins.

Emissions de CO2 des pays clés entre 1992 et 2002

Il a été imaginé par les signataires du protocole de Kyoto qui fête le 16 février le deuxième anniversaire de son entrée en vigueur.

L’idée était d’inciter les industriels à investir dans des technologies propres et à défaut d’acheter sur le marché des droits d’émission aux entreprises les plus vertueuses.

Mais le cours de la tonne de CO2 qui était monté jusqu’à environ 30 euros début 2006 sur le marché au comptant, s’est depuis effondré à 1,3 euro, un tarif qui permet aux pollueurs d’acheter des permis à bon compte, et qui n’incite guère à investir dans des technologies propres.

« Cela reflète l’excédent de quotas par rapport aux émissions constatées », explique Jean-François Conil-Lacoste, Directeur général de Powernext qui représente 70% de l’activité des bourses européennes sur le marché spot.

Début 2006, sur un marché « encore jeune » (il a démarré en juillet 2005) « on s’attendait à une pénurie de quotas », les producteurs d’électricité étant demandeurs face à des industriels sur la réserve « qui n’ont pas voulu vendre tout de suite les quotas dont ils disposaient », explique-t-il pour justifier la flambée initiale du cours de la tonne de CO2.

Mais dès le printemps 2006, le marché du carbone a plongé quand on s’est aperçu, après vérification, que les émissions d’un certain nombre de pays en 2005 étaient nettement inférieures aux quotas plutôt généreux alloués à leurs entreprises.

Les plans nationaux d’allocations de quotas (Pnaq) courent sur la période 2005-2007.

A court terme, il n’y a « pas tellement de raisons que les choses changent », estime M. Conil-Lacoste. D’autant que la douceur de l’hiver laisse un répit aux centrales thermiques et aux émissions de CO2, fait-il remarquer.

Mais la seconde phase (2008-2012) devrait permettre de remettre les compteurs à zéro.

Sur le marché à terme (2008), la tonne de CO2 se négocie d’ailleurs autour de 14 à 15 euros, un niveau nettement plus élevé que sur le marché au comptant.

Le cours de ces certificats d’émissions varie en fonction de la météo, du prix relatif des combustibles, de la croissance économique et de la contrainte imposée par le pouvoir politique pour réduire ces émissions.

Pour la deuxième phase, l’évolution des cours sera fonction de la Commission européenne et du tour de vis qu’elle pourra ou non donner aux plans d’allocation de quotas.

« La Commission a laissé passer des plans d’allocations laxistes pour la première période », commente Morgane Créach, du Réseau action climat France (Rac). « Mais elle a décidé de ne pas jouer le même jeu pour la période 2008-2012 et d’être plus sévère avec les Etats membres », souligne-t-elle.

Bruxelles et Berlin se sont vigoureusement opposés au cours des dernières semaines sur la limite annuelle des émissions imposée à l’industrie allemande pour la période 2008 à 2012.

« Où mettre le curseur sans menacer trop la compétitivité industrielle tout en s’inscrivant dans une dynamique de réduction des émissions, ce n’est pas facile », commente M. Conil-Lacoste.

Jérome Levet

Le 500e projet a été enregistré au titre du Mécanisme de développement propre

Le 500ème projet relevant du Mécanisme de développement propre (MDP) a été enregistré lundi 12 février 2007.

Communiqué de presse de la CCNUCC. Bonn (Allemagne), 12 février 2007.

Le 500 ème projet MDP est un parc éolien de 8,75 mégawatts dans la région de Gujarat en Inde, qui devrait réduire les émissions de dioxyde de carbone de plus de 15 300 tonnes chaque année.


L’ensemble du communiqué de presse de la CCNUCC est à télécharger ci-dessous.


A voir également :
> Le Mécanisme de développement propre (MDP)

> La carte interactive des projets enregistrés au MDP sur le site officiel du MDP

Jérome Levet

Contre le réchauffement, l’Australie bannit les ampoules classiques

Le Gouvernement australien interdit la vente d’ampoules incandescentes à partir de 2010 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique de la planète.

Dépêche de l’AFP du 20/02/2007 parue sur le site internet TV5 info



L’Australie, souvent critiquée pour n’avoir pas signé le protocole de Kyoto visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, a annoncé mardi 20 février 2007 qu’elle allait remplacer d’ici 2010 les ampoules électriques classiques par des fluorescentes, plus économes en énergie (voir photo ci-contre : à droite, une ampoule électrique classique, à gauche une ampoule fluorescente).

Revendiquant une première mondiale, au moins en ce qui concerne une décision nationale, le ministre de l’Environnement M. Malcolm Turnbull a assuré qu’interdire les ampoules traditionnelles « dans le monde entier réduirait la consommation d’électricité d’un montant équivalent à cinq fois les besoins annuels de l’Australie« .

« Le réchauffement climatique est un défi à l’échelle de la planète. J’encourage les autres pays à suivre l’exemple de l’Australie et à adopter des produits plus économes comme les ampoules fluorescentes« , a ajouté le ministre.

Le Premier ministre conservateur John Howard, fervent opposant du protocole de Kyoto, a loué une décision « réaliste« , par opposition aux « nombreuses choses trop alarmistes qui sont dans l’air« .

A l’approche d’élections générales prévues d’ici la fin de l’année 2007, M. Howard a adouci sa position sur le réchauffement climatique, à la suite d’une prise de conscience accrue de la population, en raison notamment de la sécheresse historique que subit le pays-continent déjà le plus sec au monde.

Source : http://www.tv5.org

Jérome Levet

Les réformes du secteur électrique : quel bilan, quelles perspectives pour l’Afrique ?

Publication de Liaison Energie-Francophonie n°73, quatrième trimestre 2006.

Au sommaire

CONTEXTE, MOTIVATION ET CONTOUR DES RÉFORMES

  • Théories économiques et réformes électriques : perspectives historiques et actuelles par Anastassios GENTZOGLANIS, Directeur, Centre d’études en réglementation économique et financière (CEREF), Université de Sherbrooke, Canada-Québec
  • Les modes d’organisation de l’industrie et nouveaux arrangements contractuels par Jacques GIROD, Directeur de recherche CNRS, LEPII-EPE, Université Pierre Mendès France, Grenoble, France
  • La dérégulation de l’électricité a-t-elle atteint ses limites ? par Christian STOFFAËS, Président du Conseil du Centre d’études prospectives et d’information internationales (CEPII)

LES RÉFORMES EN AFRIQUE : DES PRATIQUES, DES LEÇONS POUR L’AVENIR

  • GABON – La privatisation de l’électricité au Gabon : une analyse de mi-parcours par Jean-Thomas BERNARD et Éphraim MAGNAGA-NGANGA, Université Laval, Québec
  • MADAGASCAR – État des lieux dans le secteur de l’électricité par Rivoharilala RASOLOJAONA, Secrétaire Exécutif, Office de Régulation de l’Électricité, Madagascar
  • CÔTE D’IVOIRE – organisation du secteur de l’électricité par Eddy Alexandre SIMON, Directeur de l’énergie, Ministère des Mines et de l’Énergie, Côte d’Ivoire
  • Faut-il arrêter les réformes dans le secteur électrique africain ? par Herman Multima SAKRINI, Secrétaire général de l’Union des Producteurs, Transporteurs et Distributeurs d’Énergie Électrique d’Afrique (UPDEA)
  • Réformes du secteur de l’énergie électrique en Afrique subsaharienne : principales leçons et priorités par Abeeku BREW-HAMMOND, Professeur agrégé, College of Engineering, Kwame Nkrumah University of Science and Technology, Kumasi, Ghana Njeri WAMUKONYA, Administrateur général de Programmes du PNUE, à Nairobi et Ogunlade DAVIDSON, Professeur au Fourah Bay College de l’Université de la Sierra Leone, à Freetown
  • Réforme du secteur électrique africain. Une opportunité pour le rendre durable ? par Sibi Bonfils, Directeur adjoint de l’IEPF
  • Réformes du secteur électrique en afrique : conseils pratiques et pièges à éviter dans les contrats et conventions par Denis LÉVY, Consultant, France et Anne GED, Cabinet-conseil Synagir

RETOUR D’EXPÉRIENCE DES AUTRES PAYS ET RÉGIONS DU MONDE

AMÉRIQUE LATINE

  • Leçons tirées des réformes du secteur électrique au brésil : l’importance des mécanismes de coordination par Helder Queiroz PINTO Jr., Directeur de Recherches, Instituto De Economia Industrial, Universidade Federa Do Rio De Janeiro, Brésil
  • Quelles leçons tirer de l’expérience de la libéralisation du secteur électrique – Cas de l’Argentine par Gerardo RABINOVICH, Professeur à l’Université Belgrano, Buenos Aires, Instituto Argentino de la Energía, Argentine

EUROPE

  • Problématique de l’intégration énergétique et apport des « power pools » en Roumanie par Cristina CREMENESCU, Chef du service Réglementation et Marché Concurrentiel, ENEL Romania
  • Y a-t-il des leçons à tirer des réformes européennes pour l’Afrique ? par Dominique FINON, Directeur de Recherches du CNRS, Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement (CIRED), Nogent sur Marne, France

TENDANCES NOUVELLES ET PERSPECTIVES

  • L’électrification rurale en afrique subsaharienne : du monopole public au partenariat public-privé. vers de nouveaux arrangements institutionnels par Amadou SOW, Directeur Général Adjoint, Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER)
  • La gestion des infrastructures d’électrification rurale en afrique. Les différents types de partenariats public-privé par Noémie ZAMBEAUX, DESS Économie et Politique de l’énergie, Gestion des nouvelles technologies de l’énergie, INSTN/Paris X
  • La montée du nationalisme compromet-elle la libéralisation énergétique ? par Jacques PERCEBOIS, Directeur, Centre de Recherche en Économie et Droit de l’Énergie (CREDEN), Faculté des Sciences Économiques, Université de Montpellier I, France
  • La chronique d’Alioune Fall
  • Pour en savoir plus

> A télécharger sur le site de l’IEPF

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